Valérie Fourneyron

DÉPUTÉE DE LA 1ÈRE CIRCONSCRIPTION DE SEINE-MARITIME
ANCIENNE MINISTRE - MEMBRE DE LA COMMISSION
DES AFFAIRES ETRANGÈRES

Le Premier ministre, en visite à Rouen, confirme l'engagement de l’État autour de l'Axe Seine

4 fvrier 2017 à 18:37
Le Premier ministre, en visite à Rouen, confirme l'engagement de l’État autour de l'Axe Seine

Ce vendredi 3 février, le Premier ministre Bernard Cazeneuve était de retour sur ses chères terres normandes avec un double programme : la signature d’un avenant au contrat de plan Etat-région (CPER) et au contrat de plan interrégional Etat-Région Vallée de la Seine (CPIER) à Bayeux, puis une séquence sur le territoire de la Métropole Rouen Normandie dédiée à l’attractivité portuaire et au développement de la Vallée de la Seine.

En tant que députée de la circonscription de Rouen, où se situe le Grand Port Maritime (GPMR) dont je suis également vice-présidente du Conseil de Surveillance, et auteure d’un rapport sur les freins et les leviers de la compétitivité des ports maritimes normands de l’Axe Seine, j’étais à l’avant-poste pour accompagner le « PM » sur cette visite.

Le silo « Maison Bleue », un investissement emblématique

Avec plusieurs collègues élus du territoire, dont le Maire Dominique Randon, le député Guillaume Bachelay et la ministre Estelle Grelier, c’est à Petit-Couronne que nous avons d’abord accueilli Bernard Cazeneuve, pour une visite de « Maison Bleue », le nouveau silo céréalier d’une capacité de 50 000 tonnes, du groupe Beuzelin inauguré en juillet dernier.

Cet investissement de 25 millions d’euros, est une confirmation éclatante de la dynamique, du potentiel et de l’ouverture à l’international du GPMR, leader en Europe de l’Ouest pour l’export de céréales et acteur essentiel du développement de la Vallée de la Seine. Outre son excellente desserte (fluviale, maritime, routière, ferroviaire), l’originalité de l’entrepôt réside dans sa capacité à rendre prêt à l’emploi tous les grains qu’il reçoit grâce à une unité de séchage et de triage.

Créé dans l’Eure il y a trente ans, le groupe, par la voix de son PDG, Florent Beuzelin, a confirmé qu’il entendait développer ses activités à l’export dans des filières qualitatives mais aussi importer des grains, dont la France est déficitaire. A plus long terme, le groupe Beuzelin souhaite également impulser l’ancrage d’un hub agro-industriel à Rouen, avec d’autres investisseurs.

Après cette « mise en bouche », j’ai eu plaisir à servir de guide au Premier Ministre, en compagnie du Directeur Général du GPMR Nicolas Occis, pour une visite en bateau, par la Seine, de l’ensemble des installations industrielles et portuaires qui s’étendent sur plusieurs kilomètres. Un périple d’une demi-heure, qui nous a permis de rejoindre Rouen et le bâtiment Vauban, au pied du Pont Flaubert, au cœur du futur éco-quartier Luciline, où le Premier Ministre a livré une allocution importante devant l’ensemble des acteurs économiques de l’Axe Seine, chefs d’entreprise, responsables économiques, professionnels portuaires et élus.

Au cours de cette prise de parole, très appréciée de son auditoire, Bernard Cazeneuve a tenu à réitérer l’engagement de l’État pour le développement des ports normands et de la Vallée de la Seine, et à redire son attachement personnel indéfectible à la Normandie.

Lire ici : Discours du Premier Ministre

« Rouen restera le premier port pour les exportations de céréales de l’Europe de l’Ouest »

Le Premier Ministre l’a d’abord rappelé : le port de Rouen a engagé un programme ambitieux de près de 200 millions d’euros, cofinancé par l’Etat, la Région, la Métropole et l’Union européenne, avec l’objectif de gagner un mètre de tirant d’eau d’ici fin 2018, dans le but d’accueillir des navires plus gros et plus chargés, notamment pour les céréales, et de tenir tête à ses grands concurrents d’Europe du Nord. Les perspectives de croissance à la clé sont majeures. « Je viens de sillonner la Seine et on m’a donné à voir un complexe industrialo-portuaire d’une grande modernité. Il correspond au projet que nous avions en 2012 de faire en sorte que, sur notre territoire, l’industrie puisse encore trouver une place (…) J’ai vu les investissements qui sont réalisés, les chances de développement et de création d’emplois pour demain ».

Dans cette perspective, il a redit le soutien de l’État pour le port rouennais qui subit les conséquences passagères de la baisse de la production céréalière cette année : « Le gouvernement a élaboré un plan d’actions pour soutenir les entreprises, en mobilisant l’ensemble des partenaires du secteur et les institutions portuaires (…) J’affirme la conviction de L’État que ces difficultés conjoncturelles n’affectent en rien la compétitivité structurelle du port de Rouen. Il restera le premier port pour les exportations de céréales de l’Europe de l’Ouest. »

Cet appui au GPMR se traduit en actes. Conformément aux préconisations du rapport que j’avais présenté en juillet dernier avec le Sénateur Charles Revet, le Gouvernement a décidé d’accroître sa participation au dragage des voies d’accès au port, soit 26 M€, dont 9 M€ pour le port de Rouen. Au menu également, une contribution de l’État de 4 M€ pour le dock flottant de réparation navale, le précédent ayant près de cent ans. « Je sais que le port de Rouen en a absolument besoin », a souligné Bernard Cazeneuve avant d’insister sur l’avancement de gros projets au cœur du développement de l’axe portuaire, notamment le chantier de Ligne Nouvelle Paris Normandie« le calendrier est tenu et comité de pilotage regroupera les acteurs du dossier le 28 février » – et l’aménagement de la ligne Serqueux-Gisors, pour lequel je milite, avec la déclaration d’utilité publique signée il y a quelques mois (voir mon article à ce sujet ici).

Évoquant ensuite les enjeux liés à l’activité industrielle du site portuaire, Bernard Cazeneuve a pris en exemple l’ancien site Petroplus comme opération, aussi ambitieuse que nécessaire, de dépollution-réindustrialisation-reconversion des friches industrielles. « Moins d’un an après la fermeture de la raffinerie, faute de repreneur fiable et durable, l’État – dans le cadre d’un avenant au contrat de plan signé ce vendredi matin -, a engagé une aide supplémentaire en portant de 8 à 15 M€ le budget des travaux de reconversion. Cela devrait permettre d’accueillir rapidement, après Valgo, Bolloré Énergie et Eiffage, de nouveaux industriels ».

Cette annonce concrète a été très bien accueillie : elle vient conforter nos efforts collectifs et notre engagement pour l’activité productive, la croissance durable et l’emploi sur notre territoire.

La Vallée de la Seine, un axe majeur de développement économique

Portant un « regard plus large », le Premier Ministre a ensuite longuement évoqué le développement de la Vallée de la Seine et les investissements qui y sont consacrés. « Depuis 2012, cette démarche unique en France a franchi des étapes décisives… Sur les près d’un milliard d’euros d’investissements compris dans le plan État/Région, 300 millions sont portés par l’État, ce qui en fait le contrat le mieux doté en 2015 ».

Lien fédérateur de l’Ile-de-France et de la Normandie, rassemblant 15 millions d’habitants et 7 millions d’emplois, la Vallée de Seine fait déjà l’objet d’un schéma stratégique pour son aménagement et son développement, en marge d’un contrat de plan inter-régional Etat-Régions (CPIER). Au cœur de cette stratégie se trouve naturellement la Seine, voie navigable la plus fréquentée de France avec plus de 20 millions de tonnes de marchandises qui y transitent chaque année, qui conditionne une bonne partie des activités portuaires. D’où l’importance des préconisations que nous avons émises, avec Charles Revet, dans notre rapport, relatives à la fiscalité, aux infrastructures, à l’organisation portuaire. La Seine est également au cœur du pacte métropolitain signé entre l’État et la métropole le 25 novembre dernier.

Bernard Cazeneuve a salué l’avènement et le travail des ports du Havre, de Rouen et de Paris réunis sous la bannière Haropa. « La Seine était un lieu, elle est un lien… Agir pour la Vallée de la Seine requiert avant tout de soutenir les ports normands afin qu’ils puissent accroître leurs parts de marché face à leurs concurrents d’Europe du nord. Ce n’est pas seulement un enjeu régional. La France, première façade maritime d’Europe, ne peut se contenter d’être un acteur de seconde zone dans le domaine du transport maritime de marchandises » (voir à ce sujet mon article sur la croissance bleue).

C’est d’ailleurs dans cette perspective que le chef du gouvernement a tenu à répondre aux craintes de certains acteurs portuaires vis-à-vis du Canal Seine-Nord Europe, en en rappelant les complémentarités évidentes avec l’Axe Seine si les bons investissements d’interconnexion sont réalisés : « le Canal Seine Nord ne peut se faire au détriment d’autres territoires. Notre intention est de valoriser notre façade maritime avec une vision d’équilibre qui doit prévaloir » (voir ma contribution à ce débat ici).

Déclaration d’amour à la Normandie

Enfin, le Premier Ministre a assuré : « Je n’oublie pas que je suis un ministre normand qui doit d’être aux responsabilités où il se trouve grâce aux racines très profondément plantées dans cette région. »

Il ne pouvait omettre de mentionner l’avènement de la Normandie, voté par la majorité actuelle après des années d’atermoiements, et le rôle particulier de Rouen dans cette dynamique : « Pour moi qui me suis battu pour qu’il n’y ait qu’une seule Normandie, je constate que Rouen vit bien son statut de capitale, qu’elle a une place pleine et entière. J’ai toujours considéré que ce projet donnerait à chacune de nos villes, de nos métropoles, la possibilité dans le dialogue de donner de nouvelles perspectives à notre territoire ».

Avant de conclure, « vous pouvez compter sur moi non seulement parce que je suis Normand. Mais aussi parce que je suis un Premier ministre attaché au fait que tout ce qui peut être fait pour le pays le soit jusqu’à la dernière minute ».