Valérie Fourneyron

DÉPUTÉE DE LA 1ÈRE CIRCONSCRIPTION DE SEINE-MARITIME
ANCIENNE MINISTRE - MEMBRE DE LA COMMISSION
DES AFFAIRES ETRANGÈRES

Société Générale : mobilisés pour l'emploi

28 juin 2016 à 16:29
Société Générale : mobilisés pour l'emploi

Suite à une réunion avec l’intersyndicale des centres Société Générale de Rouen et Caen il y a quelques jours, Guillaume BACHELAY et moi avons écrit aujourd’hui, 28 juin, à Emmanuel MACRON, Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, pour demander le maintien d’un centre Société Générale en Normandie, et soutenir la mobilisation des salariés de la banque sur notre territoire, pour la préservation de leur emploi.

La Société Générale a en effet annoncé un projet de restructuration de son service client qui se traduirait par la fermeture des centres administratifs de Rouen et Caen impliquant la suppression de 250 emplois (130 à Rouen et 120 à Caen). La direction promet qu’il n’y aura aucun licenciement, ni départ volontaire, et propose le reclassement dans d’autres centres ailleurs en France ou au sein d’agences.

Notre courrier est visible ici Courrier FOURNEYRON BACHELAY à E. MACRON_Société Générale (et ci-dessous en texte plein)

Nous avons adressé un courrier avec la même requête à Frédéric OUDEA, Directeur général de la Société Générale.

Le 14 juin dernier, nous étions déjà plusieurs parlementaires et responsables socialistes locaux à avoir signé une lettre ouverte à Hervé Morin, Président de la Région, pour qu’il intervienne auprès de la direction de la Société Générale afin qu’elle reconsidère son projet de fermeture des sites de Caen et Rouen. Notre courrier est visible ici.

Nous resterons pleinement mobilisés et attentifs au devenir des salariés et aux options proposées par le Groupe.

 

Notre courrier à Emmanuel MACRON

 

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Monsieur le Ministre,

Nous avons été interpellés par les représentants de l’intersyndicale des centres de la Société Générale de Rouen et de Caen au sujet de la fermeture, prévue fin 2018, de ces deux sites normands.

Comme vous le savez, la direction de la Société Générale a décidé une réforme de son organisation d’ampleur avec la suppression de 2 000 postes dont 500 sur les centres administratifs. La Normandie paie un lourd tribut à cette réorganisation avec la fermeture programmée de ses centres de Rouen et de Caen, soit 250 postes. La moitié de l’effort national décidé par l’entreprise est donc portée par la seule Normandie !

Les critères de choix ont, semble-t-il, porté sur les effectifs (seuil de 250 par centre), le statut du patrimoine immobilier et le bassin d’emplois. Les fermetures de Rouen (130 personnes) et de Caen (120 personnes) dans des locaux loués ont ainsi été décidées. Il est pour le moins dommageable qu’aucune solution d’un site normand unique n’ait été étudiée, particulièrement sur la Métropole Rouen Normandie qui compte un demi-million d’habitants et 270 000 emplois.

Si nous notons que la réorganisation s’effectue sans licenciement sec et que les mesures d’accompagnement ont été validées par les organisations syndicales nationales fin mai, la décision de la direction générale de la Société Générale est lourde de conséquences pour les salariés, l’aménagement du territoire, la Normandie.

Conséquences sociales avec des salariés qui ne pourront pour raisons familiales, personnelles, financières, se déplacer vers d’autres territoires lointains ou plus coûteux comme l’Ile-de-France.

Conséquences locales avec la disparition de 250 familles qui habitent, consomment autour de leur site professionnel, participent à la vie de nos écoles, de nos associations…

Conséquences économiques avec la disparition à Rouen d’un acteur financier majeur de l’économie portuaire qui représente sur l’axe Seine 50 000 emplois. Le site de Rouen, au cœur de la seule Métropole de Normandie, a en effet construit des services spécifiques aux Grands Ports Maritimes de Rouen et du Havre avec des crédits documentaires et qui ne peuvent se passer de la proximité.

Les éléments financiers connus de l’entreprise font apparaître 77 millions d’euros perçus au titre du CICE de 2014 à 2016, 4 milliards d’euros de bénéfices en 2015 dont 2 milliards redistribués aux actionnaires. Banque internationale, la Société Générale a par ailleurs fait le choix de la Roumanie pour ses services Ressources Humaines et de l’Inde pour ses services informatiques.

Dans ce contexte économique et social particulier, nous considérons que le maintien d’un centre Société Générale en Normandie doit être proposé par la direction.

Comptant sur votre soutien, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de notre haute considération.

 

 

Valérie FOURNEYRON

Députée de la 1ère circonscription de Seine-Maritime

Membre de la Commission des Affaires étrangères

Ancienne Ministre

 

 

Guillaume BACHELAY

Député de Seine-Maritime

Membre de la Commission des Finances,

de l’Economie Générale et du Contrôle Budgétaire