Valérie Fourneyron

DÉPUTÉE DE LA 1ÈRE CIRCONSCRIPTION DE SEINE-MARITIME
ANCIENNE MINISTRE - MEMBRE DE LA COMMISSION
DES AFFAIRES ETRANGÈRES

Un tiers des Français aura plus de 60 ans en 2060 : la solidarité doit être au rendez-vous !

17 septembre 2014 à 11:44
Un tiers des Français aura plus de 60 ans en 2060 : la solidarité doit être au rendez-vous !

L’Assemblée nationale a adopté ce mercredi, en première lecture, le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement.

Je souhaite que ce texte reste comme l’un des projets symboles des réformes sociales de la gauche pour construire les protections de l’avenir, et le reflet des valeurs qui animent l’action de la majorité depuis deux ans et demi : le souci de préserver la qualité de vie et l’autonomie des plus vulnérables, un soutien innovant à la croissance économique (à travers la fameuse « silver économie »), la volonté de consolider le ciment d’une société plus solidaire.

Cette loi est aussi le symbole d’une action politique qui anticipe les évolutions sociales et démographiques, et qui œuvre pour l’accompagner dans une perspective de progrès. Les chiffres sur l’allongement de l’espérance de vie parlent d’eux-mêmes : en 2060, un tiers des Français aura plus de 60 ans. Les personnes âgées de plus de 85 ans seront près de 5 millions, contre 1,4 million aujourd’hui. Ces formidables progrès, nés de la médecine et de la qualité de notre système de santé, doivent profiter à tous dans les meilleures conditions possibles.

Contrairement au précédent gouvernement qui n’abordait ce sujet qu’à travers le coût du financement de la dépendance et la privatisation du système de protection sociale, ce projet de loi représente un projet de société global, qui aborde les enjeux du vieillissement de manière positive. La création de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) en 2002, par le gouvernement Jospin, était le premier jalon d’une vraie politique de solidarité pour le grand âge. Jusqu’alors les familles devaient porter intégralement la charge de la dépendance de leurs parents. Aujourd’hui plus de 1,2 million de personnes âgées en perte d’autonomie bénéficient de cette allocation.

 Que trouve-t-on dans la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement ?

 UNE SOCIÉTÉ SOLIDAIRE DE SES SENIORS

Le choix de la solidarité nationale est assumé par la sanctuarisation et l’augmentation (645 millions €) des fonds publics affectés à la politique du grand âge.

Grace à ce dispositif : Un(e) retraité(e) qui a perdu toute autonomie et disposant d’un revenu de 1 500 euros mensuels économisera 2 000 euros par an sur son aide à domicile.

Le plafond de l’APA est relevé afin de diminuer significativement le coût des prestations à domicile pour les personnes les plus fragiles. Cela représente 700 000 bénéficiaires potentiels :

  • Augmentation du nombre d’heures d’aide à domicile.
  • Réduction du niveau de participation financière qui pourra atteindre 80%.
  • Exonération de toute participation financière pour les bénéficiaires du minimum vieillesse.

L’appui aux familles. 4,3 millions de proches aident régulièrement un de leurs parents en perte d’autonomie, responsabilité souvent très lourde à assumer au quotidien. Pour la première fois, la situation vécue par ces « aidants », qui doivent concilier leur vie professionnelle et l’aide, est prise en considération.

L’instauration d’une « aide au répit » permettra de soulager ces personnes en finançant l’accueil temporaire (quelques jours) dans des structures spécialisées.

Réaffirmer les droits et libertés des âgés. Pour la première fois, est consacré le droit de toute personne âgée qui bénéficie d’une aide publique au respect de son projet de vie. Pour toute personne accueillie en établissement, notamment médicalisé, la liberté d’aller et venir est consacrée au même titre que le respect de la dignité, de l’intégrité, de la vie privée, de l’intimité et de la sécurité.

Un amendement, voté à l’unanimité, a également permis de reconnaître la contribution des immigrés âgés, et leur apport essentiel à l’histoire nationale, à la reconstruction de notre pays dans l’après-guerre et au développement de notre outil industriel.


CONCRETEMENT, CETTE LOI INSTAURE 

  • Un programme de 80 000 logements privés équipés pour les personnes en perte d’autonomie verra le jour d’ici 2017.
  • Un plan logement favorisera le maintien à domicile. Aujourd’hui, seuls 6% des logements sont adaptés à la vie quotidienne de personnes en perte d’autonomie. Le crédit d’impôt et le microcrédit seront étendus aux personnes âgées à faibles revenus pour financer leurs travaux d’adaptation.
  • La lutte contre l’isolement fera l’objet d’une mobilisation nationale avec le déploiement d’équipes de citoyens bénévoles sur tout le territoire. La stratégie nationale de santé intégrera un dispositif individualisé permettant de prévenir des sujets encore tabous comme la dépression et le suicide des personnes âgées.

 

LÂGE EST AUSSI UNE RICHESSE

Le vieillissement n’est pas une charge. Les personnes âgées sont également des consommateurs et des contribuables qui génèrent le développement d’activités nouvelles. C’est même un secteur qui recrute ! Le développement de cette « silver économie », qui a été le cheval de bataille de ma collègue Michèle Delaunay, dont je souhaite saluer l’investissement et la détermination, se concrétise dans cette loi.

Une série de mesures concrètes favorise les filières innovantes qui vont accompagner l’avancée en âge et faire reculer la perte d’autonomie : produits de santé, robotique, aide à domicile etc… L’objectif est de faire de la France un leader mondial dans « l’économie de l’âge ».

Pour finir, je salue  l’engagement des deux ministres, particulièrement convaincues, qui ont défendu ce texte sur les bancs de l’Assemblée, à la succession de Michèle Delaunay : Laurent Rossignol, secrétaire d’État chargée de la famille, des personnes âgées et de l’autonomie et Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé et du droit des femmes.

Toutes les informations sur le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement sont disponibles sur le site du Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et du Droit des Femmes.