
L’Assemblée Nationale a adopté, mercredi 18 janvier, la proposition de loi issue du Sénat visant à renforcer l’éthique du sport et le droit des sportifs.
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La majorité a seule voté cette loi d’affichage « conforme » sur demande du Ministre des Sports. Pas d’amendements, pas d’améliorations du texte, donc. Il s’agit pourtant d’un texte à minima visant à masquer le triste bilan législatif de la majorité : loi contestée sur les jeux en ligne, loi controversée sur les agents sportifs, loi de circonstance sur les stades de l’Euro 2016.
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Beaucoup de thèmes essentiels à l’éthique du sport sont abordés au détour de cette loi, mais les plus importants ne sont pas traités sur le fond :
- Sur le plafonnement du salaire des joueurs, le célèbre « Salary Cap », et la place des joueurs formés localement, le législateur n’impose rien malgré les propositions du groupe socialiste.
- Concernant le dopage, pas d’avancée sur le profilage biologique des sportifs, au-delà des classiques prélèvements d’urine et de sang.
- Au sujet des paris en ligne, le gouvernement a choisi de supprimer les dispositions visant à lutter contre l’addiction au jeu, proposées par le groupe socialiste, votées en commission, et soutenues un temps par la majorité.
- Rien dans cette loi sur la reconversion des sportifs de haut niveau. Et le gouvernement a abrogé les dispositions votées par la commission sur la reconnaissance des arbitres et juges de haut niveau.
- Rien sur le cumul des agents de joueurs et d’entraîneurs, malgré, là encore, des propositions concrètes du groupe socialiste.
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Le ministre actuel a obtenu hier ce qu’il recherchait : un vote conforme. Conforme au traitement que le gouvernement inflige au sport depuis le début de la législature : 0,15 % du budget de l’Etat, loin des 3 % promis par le candidat Sarkozy, et un mercato permanent au Ministère des Sports, 5 ministres en moins de 5 ans !
Bonjour,
Depuis 40 ans que je suis dans le mouvement sportif, je suis bien obligé de constater que le sport n’a jamais été aussi mal traité depuis 5 ans. Des budgets de misère pour les associations qui oeuvrent tous les jours sur le terrain pour développer la pratique sportive.
5ans = 5 ministres. Comment peut-on faire des choses sérieuses avec des changements perpétuels dans la gouvernance du ministère.
Bien entendu, l’éternelle question des moyens se pose toujours autour du sport. Pourtant si l’on se réfère aux dépenses du sport professionnel rapporté aux moyens des sports de proximité on s’aperçoit qu’un déséquilibre, voire une injustice flagrante règne en toute quiétude. La fragmentation sportive entretenue par les acteurs eux mêmes constitue l’une des causalités majeures du système. La fragmentation institutionnelle l’accompagne, aggravée par une décentralisation inachevée et imparfaite. De même les incertitudes qui pèsent sur la définition exacte du sport de haut niveau , jamais précisée dans un texte clair, mais obtenue à force de déclinaisons et d’approximations mal interprétées ou mal comprises par le grand public et même quelques spécialistes, pèsent sur les incohérences de la chose sportive. Le premier devoir d’un ministre des sports consisterait à éclairer les liens et les articulations qui peuvent redonner au sport sa signification compréhensible par tous, y compris le mouvement sportif lui aussi très éclaté malgré les apparences. Les responsabilités partagées ou différenciées permettraient ensuite de cerner les questions qui se posent avec pertinence et peut être efficacité.
Pour avoir été l’un des modestes contributeur à la loi de 1984 et l’un des promoteurs du système de préparation déconcentré des sportifs de haut niveau.,je constate qu’aujourd’hui ce texte et ses compléments bien que remaniés par syncrétisme institutionnel ne répondent plus à la situation du sport contemporain. Ce qui reste c’est la désespérance des dirigeants de base englués dans toutes les contradictions et les espoirs chimériques d’une grande unité et d’une grande justice. La décentralisation a, certes, apportée des moyens nouveaux et actifs mais aussi des complexités nouvelles et des compétences mal réparties et souvent contradictoires dont souffrent aussi les services du ministère des sports maltraités par l’organisation actuelle qui a créé un malaise majeur relatif au sens de leur mission.
La citation - François Hollande
“Le sport n’est pas un luxe, c’est une nécessité”
Lettre parlementaire N°4
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