
Depuis mon enfance j’aime le football, et comme tous ceux qui l’aiment, je regarde les matches - ceux des plateaux de débutants comme ceux de l’équipe de France - avec l’espoir d’y trouver des moments de plaisir partagé par tous les spectateurs, où rien ne semble résister à une équipe qui joue collectif et qui a l’envie de gagner.
Que dire de l’équipe de France dans le cadre de cette coupe du monde 2010? Il n’y a pas de qualificatif assez fort, décevant, honteux, méprisable, lamentable, c’est au choix ou tous à la fois. Je ne veux pas tomber dans le misérabilisme, mais ces joueurs ne se rendent pas compte que des supporters ont économisé pendant des mois pour aller en Afrique du Sud les soutenir, les voir s’entraîner et les voir jouer…et non s’injurier, faire grève, abandonner. Ils ne se rendent pas compte de la déception et de l’indignation qu’ils suscitent chez les Français.
On parle beaucoup de Domenech, je crois que son principal tort est de ne pas avoir su asseoir son autorité sur l’équipe, à la fois parce qu’on ne lui en a pas donné le pouvoir et parce qu’il ne l’a pas pris, mais en avait-il les capacités? Il n’en reste pas moins que quelque chose s’est brisé entre les Français et ce foot-là.
Parce que la seule chose qui restait au foot professionnel - dont l’image est tout de même celle du sport-business, des salaires “hors compétition” et des transferts juteux - c’était justement sa capacité d’installer, au plus haut niveau d’une discipline et grâce au génie collectif et individuel des joueurs, une forme de magie du sport. Celle qui entraîne tout un pays derrière elle et qui fait oublier “tout le reste” le temps d’un match. Cette magie-là n’existe plus, en tout cas pas au sein de l’équipe de France en ce moment.
Quel que soit le résultat du match de demain, la FFF a un immense travail à faire sur elle-même, et le ministère des sports qui a brillé par son absence dans la prise de décision doit aider à lancer des Etats Généraux du football, avec l’espoir de tirer au moins quelques leçons de cette débâcle.
Quel triste spectacle en effet, les véritables valeurs du sport ne font hélas plus partie de cette équipe depuis un moment déjà (on incrimine les Bleus aujourd’hui, il n’y a malheureusement pas qu’eux)… Plaisir, respect, engagement, dépassement de soi, voilà des notions que l’on aimerait voir. Le professionnalisme grandissant a engendré un certain nombre de dérives, notamment financières, bien regrettables, qui n’aident en rien le sport amateur. On voyait la Ministre des Sports il y a quelques jours encore prendre des photos au bord du terrain d’entrainement, affichant un grand sourire…Depuis, un match catastrophique, des déclarations houleuses, une exclusion, une “grève” des joueurs, et le sourire n’est plus de mise. On peut le comprendre, mais le problème ne date pas d’hier, ni d’avant hier… Il en aura fallu du temps pour réagir. Cet évènement aura au moins le mérite pour l’avenir de faire bouger les choses afin de remettre les vraies valeurs du sport sur le devant de la scène. Du moins, espérons-le….
“the right man in the right place”. Eh oui valérie, dans le cas présent ce veil adage n’a pas été respecté. Le Président n’était pas le bon (mais cela devient coutumier à la FFF), le DTN n’était pas le bon (Houiller malgré ses qualités n’est là que pour pantoufler et pour intriguer), le selectionneur n’était pas le bon, le capitaine n’était pas le bon et certains joueurs (Govou notamment) n’étaient pas les bons.
Cela fait beaucoup. Faut il pour autant revoir l’organisation du FB en france? Je ne le pense pas, toutes les fédérations fonctionnent sur le même modèle et il y a des exemples où cela marche bien (eh oui, le hand bien sûr). Donc il s’agit plus d’une question d’hommes que de structures. De plus, on ne me fera pas croire que mettre les champions de 98 au conseil fédéral va tout changer. Barthez aux finances? Karembeu à l’organisation de l’euro? Soyons sérieux. Quant à confier l’équipe de France aux professionnels, cela veut dire quoi? déconnecter l’élite de la masse? Ben voyons, au point où en est l’éthique après tout.
Quant aux autorités politiques qui gesticulent, mais qui commencent à se calmer après la mise en garde de la FIFA, qu’elles commencent à s’interroger sur l’organisation du sport en France. Que revêt exactement la notion de délégation de service public? On est dans le réel ou dans le virtuel? Soyons clair, à part peut être à la fédération d’haltérophilie, on n’a jamais retiré une délégation à une fédé. Et poutant, le cyclisme, le ski, les sports de glace………..Il faut quand même rappeler que lorsque nous avons perdu les JO au profit de Londres, 2 membres français du CIO étaient mis en examen (Sérandour et Drut), et après on donne des leçons de morale aux anglais sur leur supposé lobbying!!
Et puis nos autorités politiques, parlons en encore un peu. Autrefois, un ministre de la jeunesse et des sports. Aujourd’hui, trois à s’en occuper (Bachelot, Yade et Daubresse), vive la culture des résultats, vive l’Etat plus exemplaire et plus efficace. Vive ce ministère sous tutelle des fédérations et des groupes de pression qui n’a de cesse depuis 30 ans de se démembrer (mouvement sportif, réseau info jeunesse, centre régionaux jeunesse et sport,…), de refiler les formations et les crédits au secteur associatif et qui n’a jamais été capable d’assurer ses fonctions régaliennes. Plus illisible, plus inefficace et plus complexe que les réglementations de l’enseignement des APS et de l’accueil des mineurs, ce n’est pas possible.
Ce ministère a été celui de l’espoir, de la deuxième chance pour nombre de jeunes en butte avec la scolarité “traditionnelle”. Il est en passe de devenir celui du désespoir, des formations et diplômes qui changent tous les 4 matins, dont les prérogatives ne sont pas défendus. Des formations, souvent sans perspective d’emploi car dans un club de niveau régional 12 on préfère rémunérer des joueurs pour monter en régionale 11 plutôt que de s’attacher les services d’un éducateur pour s’occuper des gamins.
Le fiasco du mondial est celui d’une grande part du sport français. A cause d’une double gouvernance factice - Le Président de la FIFA vient de le rappeler - à cause d’une perte des valeurs éducatives et morales.
heureusement, il y a encore quelques comportements qui nous poussent à y croire un peu. Celui par exemple d’un des relayeurs de l’équipe de france de biathlon aux derniers JO, alors qu’un de ses coéquipiers venait de leur faire perdre tout espoir de podium : “on gagne à 4 et on perd à 4″. C’est encore possible un tel état d’esprit dans le foot?
Madame, vous m’avez scotché ce vendredi 2 juillet 2010 en vous entendant débattre sur l’équipe de France à l’Assemblée Nationale… J’ai jubilé. Natif du Havre résidant depuis cinquante ans à Brunoy dans l’Essonne, je courais dans votre région à l’époque ou J. Anquetil se découvrais un talent… J’ai aimé vos réflexions sur l’équipe incriminée, mais de grâce Madame, ne demandez pas à cette bande de guignols de chanter la marseillaise… Je vous rappel l’année ou Bernard Hinault a déclenché une grève au départ d’une étape avec son maillot B.B.R. sur le dos (un maillot qu’il venait de conquérir quinze jours auparavant). Ne vous faites pas un jour contrer par cet exemple. J’ai aussi beaucoup aimé la défense de Michel Herbillon à votre encontre. Bravo! N’hésitez pas d’écorner vos adversaires… Ils ne valent rien et ils le savent.
SVP la france est en guerre contre les fellagas, elle tire, alors le mondiale de sang, stop, svp, un peu de deuil pour le résistant des montagnes, la jeanne, le jean
La citation - François Hollande
“Le sport n’est pas un luxe, c’est une nécessité”
Lettre parlementaire N°4
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