Valérie Fourneyron

DÉPUTÉE DE LA 1ÈRE CIRCONSCRIPTION DE SEINE-MARITIME
ANCIENNE MINISTRE - MEMBRE DE LA COMMISSION
DES AFFAIRES ETRANGÈRES

Emploi : le déploiement des moyens se poursuit en 2017 pour accentuer la baisse du chômage

25 novembre 2016 à 13:17
Emploi : le déploiement des moyens se poursuit en 2017 pour accentuer la baisse du chômage

Au mois d’octobre, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, a diminué de 11 700 par rapport au mois de septembre. Depuis le début de l’année, 101 300 personnes ont retrouvé le chemin de l’emploi, soit la plus forte baisse annuelle du chômage depuis mai 2008. Le caractère structurel de cette amélioration est renforcé par la baisse de plus de 20 000 du nombre de demandeurs d’emploi de longue durée en un an. Sur un an, les données de l’Insee (-118 000 chômeurs) et de Pôle emploi (-101 300 demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A) convergent et confirment la baisse du chômage qui ne cessait d’augmenter depuis plus de 8 ans.

Autre résultat à saluer : alors que le chômage des jeunes remonte partout en Europe, en France, la situation continue de s’améliorer. Ce sont plus de 43 000 jeunes qui ont retrouvé un emploi depuis un an. Ces chiffres sont encourageants et ne sont pas le fruit du hasard. Ils découlent de la politique volontariste que nous mettons en œuvre depuis 2012 en faveur de la jeunesse : contrats aidés, emplois d’avenir, relance de l’apprentissage, garantie jeunes… Autant de dispositifs qui permettent de lutter efficacement contre ce fléau qu’est le chômage des jeunes.

Ces résultats sont positifs et mettent du baume au cœur de tous les responsables politiques. Ils confortent la tendance favorable qui se dessine depuis plusieurs mois. Pour autant, il n’y a pas lieu de faire du triomphalisme. Si ces chiffres témoignent de l’efficacité d’une stratégie qui a permis la création nette de 210 000 emplois sur un an, ils sont surtout une incitation à poursuivre nos efforts et notre mobilisation, sans relâche. Le chômage est un drame humain pour celui ou celle qui le vit, pour sa famille, pour son entourage. Plus que jamais, nous devons déployer toute notre énergie en faveur de l’emploi et de la lutte contre le chômage.

Et c’est ce que nous ferons. Les dispositifs existants, qui ont montré leur pertinence, vont être confortés. Quant au budget 2017, qui vient d’être voté par l’Assemblée, il  traduit un effort inédit pour l’emploi et permettra le plus gros déploiement de moyens fourni pour endiguer le chômage.

Un budget 2017 de combat

Avec 15,3 Mds€, le budget 2017 marque un effort inédit pour l’emploi : +1,8 Mds€, 53% de la croissance des dépenses de l’État.

Trois grands axes ont été suivis:

  • L’accès à la formation : 196 M€ supplémentaires sont prévus en 2017 pour le financement par l’État du plan « 500 000 formations supplémentaires pour les personnes en recherche d’emploi ». La mise en œuvre du Compte Personnel d’Activité et la transformation de l’AFPA en établissement public contribueront de manière pérenne à l’amélioration de l’accès à la formation.
  • L’insertion des jeunes : + 176 M€ : dans la poursuite de la priorité à la jeunesse mise en œuvre depuis le début du quinquennat, la généralisation de la garantie-jeunes sera effective en 2017 avec 150 000 nouvelles entrées. 80 M€ sont dédiés à la rémunération des apprentis : avec l’Aide à la Recherche du Premier Emploi, c’est la concrétisation des engagements du Gouvernement pour l’autonomie et l’amélioration des conditions de vie des jeunes.
  • Le soutien au développement de l’emploi dans les PME/TPE : +1,85 Md€ pour les dispositifs d’aides « Embauche PME » / et le développement de l’accompagnement des PME : offre de service RH TPE-PME et mise en oeuvre du droit à l’information dans la loi Travail.

Des engagements ont également été confortés :

  • L’enveloppe budgétaire dédiée aux contrats aidés est reconduite à 2,4 Mds€, permettant le financement de 280 000 nouveaux contrats en 2017.
  • Les budgets à destination de l’Insertion pour l’Activité Économique et des travailleurs handicapés sont sanctuarisés et même en légère hausse : avec 1,18 Mds€, ils permettent de financer 88 500 aides au poste.
  • L’effort à destination de l’apprentissage est à nouveau amplifié : 80 M€ supplémentaires sont dédiés à la rémunération des apprentis, concrétisant les engagements du Gouvernement en faveur de l’autonomie et de l’amélioration des conditions de vie des jeunes.

Cette politique en faveur de l’insertion et de l’emploi prolongera donc ses efforts en 2017 avec une intensité soutenue. Apprentissage, formation professionnelle, soutien aux TPE-PME, emplois aidés, sécurisation des parcours professionnels : l’action globale de la majorité combine mesures conjoncturelles et mesures structurelles afin de développer l’activité et l’emploi durable, en soutenant prioritairement ceux de nos concitoyens qui en ont le plus besoin.

Des dispositifs à conforter

La dynamique en cours a d’ailleurs été portée par l’ensemble des mesures de soutien à l’activité et au développement de l’emploi mis en œuvre depuis 2012, notamment le CICE, le Pacte de responsabilité et de solidarité et l’aide Embauche PME. Mais pas seulement. On peut également mettre en lumière les mesures suivantes :

Le plan 500 000 formations prioritaires pour renforcer l’accès à la formation des demandeurs d’emploi

Ce plan s’inscrit plus largement dans le cadre du plan d’urgence pour l’emploi lancé par le Président la République début 2016 et répond à cette absolue nécessité d’accès à la formation des personnes en recherche d’emploi. Son objectif est simple : mieux former les demandeurs d’emploi pour permettre aux personnes les plus éloignées de l’emploi d’être embauchées. Et corriger ainsi un paradoxe inacceptable : alors que ce sont celles qui en ont le plus besoin, les personnes les moins qualifiées étaient jusqu’alors les plus éloignés de la formation.

La mise en place du plan permet d’illustrer la pertinence et les qualités opérationnelles du cadre quadripartite défini par la loi du 5 mars 2014, associant l’État, les Régions, pilotes du dispositif, et les partenaires sociaux. Aussi, les diagnostics des besoins de compétences sectoriels et territoriaux sont maintenant terminés.

Grâce à cet important travail d’expertise, mené au plus près des territoires, par bassin d’emploi ou par pays, les formations proposées sont de qualité ; elles ont vocation à répondre aux besoins de main d’œuvre qualifiée des entreprises et aux enjeux économiques locaux. Enfin, on observe une montée en puissance des inscriptions en formation : l’implication de tous les acteurs se traduit dans les chiffres avec plus de 78 000 demandeurs d’emploi entrés en formation en octobre.

Une évolution profonde de l’organisation de Pôle emploi a été impulsée

Et ce, de manière partagée avec les partenaires sociaux, afin que l’établissement accroisse son efficacité pour les demandeurs d’emploi et les employeurs. Ainsi ont été initiés, par redéploiement interne, un doublement du nombre de places d’accompagnement intensif (de 190 000 en juin 2014 à 460 000 d’ici 2017, avec d’ores et déjà 350 000 places à la mi-2015) en direction des demandeurs d’emploi en difficulté, la mise en place de près de 4 000 conseillers dédiés à la relation entreprise ainsi que de 300 conseillers dédiés au contrôle de la recherche d’emploi.

La mise en place de nouveaux outils d’intervention pour les jeunes en difficulté

La Garantie jeunes est déployée à un rythme ambitieux. Ce dispositif innovant a été universalisé dans la loi Travail. Il permet aux jeunes les plus éloignés de l’emploi de bénéficier d’un accompagnement particulièrement intensif et personnalisé ainsi que d’une allocation, est progressivement mise en place à un rythme ambitieux. Après une phase pilote en 2014 qui a montré de vrais succès en termes d’insertion, le déploiement France entière a été réalisé en 2015 pour atteindre 100 000 jeunes entrés dans le dispositif d’ici fin 2017.

Les emplois d’avenir sont un succès en termes d’insertion. L’objectif quantitatif de 150 000 jeunes a été atteint en octobre 2014, et il est dépassé depuis, avec un nouvel objectif fixé à 250 000. Comme prévu, le dispositif est ciblé sur les jeunes les plus en difficulté. Ainsi, 80 % des bénéficiaires n’ont pas le baccalauréat. Selon les premières évaluations, plus de la moitié des jeunes concernés étaient en CDD de plus de trois ou en CDI, 90% bénéficiaient d’engagements de formation, et parmi ceux qui étaient en CDD d’un an, plus des deux tiers sont renouvelés.

La création du nouveau « Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie», créé par la loi Travail, permet de proposer aux jeunes, notamment les plus éloignés de l’emploi, des solutions d’accompagnement pertinentes et adaptées à leurs besoins. De plus, il permet aux missions locales de mobiliser dans ce cadre les outils de la politique de l’emploi et de la formation.