Valérie Fourneyron

DÉPUTÉE DE LA 1ÈRE CIRCONSCRIPTION DE SEINE-MARITIME
ANCIENNE MINISTRE - MEMBRE DE LA COMMISSION
DES AFFAIRES ETRANGÈRES

Politique étrangère : 5 ans d'engagement pour la paix au Proche-Orient

13 avril 2017 à 11:10
Politique étrangère : 5 ans d'engagement pour la paix au Proche-Orient

Entre 2012 et 2015, le gouvernement, soutenu par sa majorité, s’est attaché à recréer les conditions d’un dialogue au Proche-Orient, seule option pour une paix pérenne.

En 2012, la situation du conflit israélo-palestinien était bloquée depuis de nombreuses années, en dépit d’efforts engagés par les Nations Unies, en particulier en 1991-1992 à Oslo et Madrid : les « printemps arabes » et la crise syrienne l’avaient relégué à une seconde place dans les priorités diplomatiques internationales. Cette relégation avait encouragé les secteurs les plus radicalisés des deux camps qui s’affrontent depuis soixante ans. Cette radicalisation avait fini par ajouter de l’incertitude et du désordre aux crises irakienne, syrienne et libyenne.

A cause de ces difficultés, la diplomatie française, de 2012 à 2017, a tenté de rappeler à la communauté internationale et aux acteurs locaux l’urgence, pour tous, de trouver une issue négociée et mutuellement acceptée au conflit israélo-palestinien .

La France a donc tout au long de la période 2012-2017 :

  • Priorisé la recherche d’une paix juste par la voie d’un dialogue direct ouvrant la voie à la reconnaissance mutuelle de deux États ;
  • Condamné toutes les formes de violence commises par les uns comme par les autres, qu’il s’agisse d’attentats visant des ressortissants civils ou militaires israéliens, d’actions militaires et policières israéliennes ou de la colonisation de territoires palestiniens ;
  • Inscrit cette démarche dans un cadre le plus inclusif possible, associant l’ensemble des acteurs politiques concernés, en facilitant la participation des élus et des sociétés civiles ;
  • Sollicité les partenaires diplomatiques de la France, en Europe, dans la francophonie, à l’ONU, afin de dynamiser et accompagner le processus de dialogue.

2012 : l’urgence de la paix rappelée par la France à tous les acteurs

Dès le 27 août 2012, à l’occasion de la 1ère conférence des ambassadeurs, François Hollande avait donné une feuille de route : « Nous devons (..) agir pour la paix au Proche- Orient. La France considère, et ce n’est pas une position nouvelle, que la résolution du conflit israélo-palestinien reste la clef de la stabilité au Proche-Orient et ne peut s’accomplir qu’en reconnaissant aux Palestiniens le droit à l’autodétermination et en garantissant à Israël sa sécurité. Une solution durable du conflit israélo-palestinien passe par une paix négociée sur toutes ces questions. Dans l’immédiat, je recommande aux autorités israéliennes de reprendre le chemin de la négociation dès lors que les Palestiniens ont levé bon nombre de leurs préalables ».

Le 28 septembre 2012, lors de son 1er discours à l’ONU, le Président de la République ajoutait : « La troisième urgence est de trouver enfin une issue au conflit israélo-palestinien. Le statu quo que nous connaissons n’est pas une réponse.
C’est une impasse. La France là encore, j’en prends l’engagement, contribuera de toutes ses forces à restaurer les bases d’une négociation devant déboucher sur la coexistence de deux États dont chacun sait bien qu’elle est la seule solution pour qu’il puisse y avoir une paix juste et durable dans la région ».

Des principes aux actes, les initiatives diplomatiques de la France 2012 – 2017

  • Reconnaissance de la Palestine comme État

Le 27 novembre 2012, Laurent Fabius à l’Assemblée nationale : « la France dit officiellement oui à l’État palestinien ». Depuis des années la positions constante de la France a été de reconnaître l’État palestinien. Ce fut vrai en 1982, avec le discours que François Mitterrand a prononcé devant la Knesset. Ce fut vrai quand durant la campagne présidentielle
dans l’engagement n° 59 le candidat François Hollande, devenu Président de la République s’est engagé dans le même sens. Ce fut vrai l’année dernière lorsque la France a voté en faveur de la reconnaissance de la Palestine à l’UNESCO. C’est la raison pour laquelle quand la question sera posée [à l’Assemblée générale de l’ONU] la France répondra oui.

Le 29 novembre 2012, la France vote à l’ONU la décision d’admettre la Palestine comme État observateur non membre de l’ONU.

Le 11 septembre 2015 la France vote à l’ONU en faveur de la présence aux Nations Unies du drapeau palestinien.

  • Soutien au futur État palestinien

La France accorde une aide annuelle moyenne de 40 M d’€ à l’Autorité palestinienne.

Elle a rencontré les responsables palestiniens dans le cadre d’un séminaire inter-gouvernemental mis en place le 10 septembre 2015. Elle a aussi financé la création d’un Institut palestinien de finances publiques inauguré le 18 novembre 2013 et étudie l’ouverture d’un lycée français à Ramallah.

  • Condamnation des violences

La France et Israël ont mis en place le 29 juin 2015 un dialogue bilatéral de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Notre pays condamne systématiquement tous les attentats commis à l’encontre de ressortissants israéliens, quel qu’en soit le lieu, et soutient a soutenu les décisions européennes visant à suspendre les aides destinées à des colonies israéliennes en territoire palestinien.

La France, le 23 décembre 2016, a enfin voté la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la colonisation de terres palestiniennes.

  • Initiatives diplomatiques en faveur de la paix

Le quinquennat a été marqué par de nombreux échanges directs avec les plus hauts responsables israéliens et palestiniens. Benyamin Netanyahou a été reçu par François Hollande à Paris les 31 octobre 2012 et 11 janvier 2015. François Hollande l’a rencontré en Israël le 17 novembre 2013 et Manuel Valls le 22 mai 2016. Mahmoud Abbas a lui été reçu à Paris par le Chef de l’État les 21 septembre 2015, 21 juin 2016, 7 février 2017. François Hollande et Manuel Valls l’ont rencontré à Ramallah en 2013 et 2016.

La France a enfin organisé le 3 juin 2016 et le 15 janvier 2017 deux conférences internationales à Paris consacrées à la recherche d’une solution de paix.

L’action des députés Socialistes, Écologistes et Républicains

Nous avons systématiquement appelé à la paix et condamné les attentats d’origine palestinienne qui visent les populations israéliennes, tout en dénonçant la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie, la construction d’un mur, les détentions arbitraires, les entraves à la libre circulation, qui constituent autant d’obstacles mis par les autorités israéliennes à la reprise des négociations.

Nous avons, depuis longtemps, défendu la nécessité du dialogue entre parties porteur d’un compromis mutuellement accepté et donc durable, seule solution juste, solide et pérenne. Ces positions ont été rappelées tout au long de la législature par des questions posées au Gouvernement, en commission des Affaires étrangères comme en séance publique.

Un rapport d’information sur le Proche et le Moyen-Orient a permis d’apporter une contribution parlementaire à la recherche d’une solution.

L’Assemblée nationale, enfin, a adopté à l’unanimité, le 2 décembre 2014, une proposition de résolution d’initiative SRC/SER considérant qu’il était temps de reconnaître l’État de Palestine afin de d’obtenir un règlement définitif du conflit.