Valérie Fourneyron

DÉPUTÉE DE LA 1ÈRE CIRCONSCRIPTION DE SEINE-MARITIME
ANCIENNE MINISTRE - MEMBRE DE LA COMMISSION
DES AFFAIRES ETRANGÈRES

Questions au Gouvernement : "Face à Daech, dans la tourmente, la France continue à assumer toutes ses responsabilités"

2 juin 2015 à 16:34
Questions au Gouvernement :

Lors de la séance des Questions au Gouvernement du 2 juin, j’ai interrogé le ministre des Affaires Étrangères et du Développement International Laurent Fabius sur les décisions qui avaient été prises le matin même au Quai d’Orsay, dans le cadre de la seconde réunion ministérielle restreinte de la Coalition internationale contre Daech.

Cette réunion visait à mener des discussions approfondies sur la situation en Irak et en Syrie, les opérations de la coalition, la stabilisation des zones libérées, le retour durable et en toute sécurité des réfugiés et des personnes déplacées, notamment les victimes de violences ethniques et religieuses, et la protection du patrimoine culturel.

Les offensives de Daech à Ramadi, en Irak et à Palmyre, en Syrie, soulignent l’urgence de renouveler et d’intensifier notre effort collectif pour vaincre Daech. J’ai insisté sur ce point dans l’Hémicycle : relancer la riposte pour endiguer la progression des barbares fanatiques en Irak et en Syrie est une priorité absolue.

Les partenaires de la Coalition ont ainsi  réaffirmé avec force leur unité et leur engagement à agir ensemble dans le cadre d’une stratégie commune, multidimensionnelle et de long terme.

L’objectif : affaiblir et à terme éradiquer Daech qui constitue une menace pour l’ensemble de la communauté internationale. Les partenaires de la Coalition ont condamné la stratégie sectaire d’assassinats et de destruction de Daech, ses atrocités et ses crimes dont certains équivalent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité, et la destruction délibérée du patrimoine commun de l’humanité.

Pour plus de précisions sur les décisions prises lors de la réunion ministérielle restreinte de la Coalition internationale contre Daech, voir la déclaration officielle des trois coprésidents, diffusée quelques minutes après les QAG :150601 Déclaration coprésidents Small Group – version FR

C’est un combat de long terme, dans lequel la détermination de la France est totale, comme l’a souligné Laurent Fabius dans sa réponse à ma question.

Ma question, et sa réponse, sont à revoir dans la vidéo ci-dessous :

 

Le verbatim des QAG du 2 juin est à retrouver sur le site de l’Assemblée nationale.

Lutte contre Daesh

M. le président. La parole est à Mme Valérie Fourneyron, pour le groupe socialiste, républicain et citoyen.

Mme Valérie Fourneyron. Monsieur le ministre des affaires étrangères et du développement international, la situation sur le terrain en Irak et en Syrie n’a jamais été aussi fragile et alarmante. Au début de l’année, grâce aux frappes aériennes de la coalition, nous avions entretenu l’espoir de voir refluer les terroristes fanatiques et sanguinaires de Daesh. Cependant, le fléau de l’obscurantisme et de la folie meurtrière est reparti à l’offensive. L’aéroport de Syrte en Libye, Ramadi, Palmyre : des verrous stratégiques sont tombés aux mains de l’État islamique qui contrôle désormais un large territoire à cheval sur la Syrie et sur l’Irak. Cette continuité territoriale du califat menace Bagdad à l’ouest, Homs et même Damas à l’est.

Le macabre bilan des exactions de Daesh est effarant : des centaines de milliers de morts sur des décombres fumants ; des charniers, comme à Tikrit ; des minorités persécutées ; un patrimoine archéologique inestimable détruit ; des familles jetées sur les routes pour fuir la cruauté délirante des djihadistes.

L’opposition des forces locales pour enrayer cette progression sur le terrain apparaît faible, désorganisée et impuissante à empêcher Daesh de prospérer. Le régime de Bachar al-Assad combat le mal par le mal en multipliant les bombardements qui tuent des centaines de civils.

Dans la tourmente, la France continue d’assumer toutes ses responsabilités pour mobiliser la communauté internationale et endiguer la barbarie.

Ce matin s’est tenue à Paris une nouvelle réunion des ministres et des institutions internationales engagés dans la coalition contre Daesh. Ce fut l’occasion de faire le point sur notre stratégie commune contre les djihadistes.

Monsieur le ministre, pouvez-vous nous dire quelles ont été les conclusions de vos discussions ? Comment allons-nous proposer des moyens plus efficaces pour entraver l’avancée de Daesh et assécher ses soutiens financiers ? Comment parvenir à des solutions politiques durables pour résoudre la crise irakienne et aboutir à l’émergence d’une Syrie libre et intègre – seules façons de lutter efficacement contre le groupe (Applaudissements sur quelques bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international.

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international. Ce matin, comme je l’ai indiqué en réponse à votre collègue M. Folliot, j’ai coprésidé une réunion internationale sur la lutte contre Daesh en présence du Premier ministre irakien. Nous avons dressé un bilan lucide de la situation – car il faut toujours être lucide et sans complaisance.

Il s’est récemment produit des revers qui portent les noms que vous avez cités : Ramadi, Palmyre et d’autres encore. Toutefois, nous avons insisté – sans vouloir enjoliver le tableau – sur le fait que nous savions tous qu’il s’agissait d’un combat de longue haleine. Nous avons donc pris un certain nombre de décisions sur le plan militaire et sur le plan politique.

Sur le plan militaire, tout d’abord, le Premier ministre irakien nous a présenté son plan pour reconquérir la région d’Anbar, et en particulier Ramadi, qui se trouve au nord de Bagdad.

Il s’agit d’un plan articulé et très précis dont nous avons discuté avec l’aide des militaires présents, et que nous avons soutenu.

Sur le plan politique, ensuite, le Premier ministre irakien s’est engagé à appliquer les mesures dites inclusives qu’il avait proposées dans le passé mais qui n’ont pas toutes été appliquées – pour dire le moins. Certaines de ces mesures sont absolument indispensables pour que toute la population, à commencer par les sunnites, soutienne le combat. En effet, si les sunnites ont le sentiment que le gouvernement ne protège pas leur communauté, alors ils ne soutiendront pas l’armée et, au contraire, ressentiront une certaine proximité avec Daesh, un groupe lui-même sunnite.

Troisièmement, nous avons – c’est tout à fait nouveau – intégré les minorités dans notre plan, et vous verrez des décisions prises sur ce point. Enfin, la directrice générale de l’UNESCO nous a présenté des propositions.

En somme, je crois que cette réunion sans concession a été utile, et notre détermination est absolument entière ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.)