Valérie Fourneyron

DÉPUTÉE DE LA 1ÈRE CIRCONSCRIPTION DE SEINE-MARITIME
ANCIENNE MINISTRE - MEMBRE DE LA COMMISSION
DES AFFAIRES ETRANGÈRES

Vallourec : j'interroge le Gouvernement sur l'avancée des discussions

20 janvier 2016 à 17:42
Vallourec : j'interroge le Gouvernement sur l'avancée des discussions

Il y a quelques jours, la direction du groupe Vallourec a annoncé la suspension du Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui était en cours de négociations avec les partenaires sociaux depuis avril 2015.

Cette annonce inquiète fortement les salariés du groupe et les parlementaires des territoires où les sites de production de l’entreprise sont implantés. Ils redoutent un « PSE2 », qui se traduirait par un durcissement du plan de restructuration, des suppressions de postes supplémentaires et une réduction des capacités de production ou des outils industriels.

Dans la continuité de la réunion du 16 décembre dernier avec les représentants syndicaux et les élus des différents sites concernés (voir mon compte-rendu ici) et de ma visite de terrain du site Vallourec Tubes de Déville-lès-Rouen le 14 février 2015 (voir le compte-rendu ici), j’ai interrogé le Gouvernement sur l’état des discussions et la stratégie de l’État vis-à-vis de Vallourec, lors de la séance des Questions d’actualité du 20 janvier.

Ma question au Ministre de l’Économie Emmanuel MACRON, qui gère les discussions avec le directoire de Vallourec, et sa réponse sont visibles en vidéo ici et sur le site vidéo de l’Assemblée nationale. Le verbatim de notre échange est ci-dessous.

Je reste extrêmement mobilisée sur cette question cruciale pour l’emploi et le tissu industriel de notre territoire. J’ai rencontré l’intersyndicale du site de Déville-lès-Rouen, avec les autres élus du territoire (le Président de la métropole, le maire de Déville, mes collègues parlementaires…), le 22 janvier dernier et je participerai à une réunion de travail à Bercy, présidée par Emmanuel Macron, Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, avec les dirigeants de Vallourec ce mercredi 27 janvier.

 

VERBATIM

« Ma question, qui associe mes collègues Guillaume Bachelay et Christophe Bouillon, s’adresse à Monsieur le Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique.

Monsieur le Ministre, les salariés de Vallourec sont inquiets. Inquiets pour la situation de leur groupe. Inquiets du devenir des 7 sites industriels qui les emploient, dont celui de Déville-lès-Rouen en Seine-Maritime. Inquiets pour leur avenir et celui de leurs familles.

En avril 2015, l’entreprise Vallourec, spécialiste mondial des tubes sans soudure, a annoncé la suppression de 2000 emplois, dont 900 en France sur les 5000 que compte l’Hexagone.

En cause une crise mondiale de l’industrie pétrolière et gazière, profonde et durable, qui frappe de plein fouet le secteur de la métallurgie en le privant de nombreux débouchés. En cause aussi une frilosité à réaliser les investissements qui auraient été opportuns dans le passé. En cause enfin, une concurrence de plus en plus brutale venue de Chine.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de savoir qui a commis des erreurs et quand. Il s’agit de trouver des solutions pragmatiques et de sauver des emplois.

La semaine dernière, la direction du groupe a annoncé la suspension du Plan de Sauvegarde de l’Emploi qui était en cours de négociations avec les partenaires sociaux. Cette annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre ! Elle laisse en effet présager un durcissement du plan de restructuration, des suppressions de postes supplémentaires et une réduction des capacités de production ou des outils industriels.

L’État, qui détient 7 % du capital de Vallourec, et particulièrement votre ministère sont totalement mobilisés pour rechercher de nouveaux actionnaires et des repreneurs, préserver l’emploi et assurer la survie des capacités industrielles françaises.

Pouvez-vous nous dire Monsieur le Ministre où en sont vos discussions avec la direction de Vallourec ? Quelles solutions industrielles envisager ? Quels investissements réaliser ? Quelle est la stratégie de l’État vis-à-vis de Vallourec ? Quelles sont enfin les avancées pour apporter une réponse européenne au dumping des importations chinoises ? »

Réponse d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique. « Vous avez, madame la ministre, parfaitement posé les termes du débat. Le groupe Vallourec se trouve en effet confronté à deux crises , et d’abord celle du secteur pétrolier, l’industrie parapétrolière représentant 66% du chiffre d’affaires du groupe. Celle-ci est aujourd’hui quasiment à l’arrêt en termes d’investissements du fait de l’effondrement du prix du pétrole, qui s’est encore accéléré ces dernières semaines, et tous les professionnels du secteurs considèrent que cette situation est appelée à perdurer pendant des mois encore.

La deuxième crise est celle de la sidérurgie, du fait en particulier des pratiques de dumping qui permettent aux importations chinoises d’inonder le marché européen, entraînant une baisse drastique des prix.

Face à cela, nous avons entrepris deux séries d’actions pour répondre à la situation du groupe Vallourec qui, comme vous l’avez dit, a, le 14 janvier dernier, repoussé la mise en œuvre du PSE.

D’abord une action renforcée au niveau européen : il s’agit de prendre toutes les mesures nécessaires contre le dumping chinois. Nous avons, mon collègue Matthias Fekl et moi-même, défendu la position de la France à cet égard devant les conseils compétents pour que nous puissions prendre des mesures efficaces et plus rapides que celles que prévoient les dispositifs classiques aujourd’hui en vigueur.

Il faut ensuite mobiliser l’ensemble du corps productif de Vallourec pour répondre à cette situation. Il s’agit d’abord d’appeler l’ensemble des clients à participer à ces efforts, d’explorer toutes les voies possibles en termes de diversification des débouchés des sites productifs de Vallourec, mais aussi d’articuler le plan social, lancé au printemps dernier et sur lequel j’avais pris moi-même des engagements, et la réorganisation industrielle que doit préparer le groupe Vallourec.

Il s’agit enfin des efforts que les dirigeants du groupe et les actionnaires, dont la Banque publique d’investissement, la BPI, doivent assumer dans le cadre de ce défi.

C’est dans cette perspective que je tiendrai la semaine prochaine une nouvelle réunion de travail avec l’ensemble des élus concernés, à laquelle vous serez associée. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.) »