
A l’occasion de la Journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, le 8 mars, David Douillet organise des tables rondes d’échange au titre sans équivoque : “Les femmes, des sportives comme les autres ?”. Non, non, il ne s’agit pas d’une caricature proposée par les Guignols de Canal+, mais bien de l’intitulé officiel de l’événement figurant sur l’invitation du ministère des Sports.
“Les femmes, des sportives comme les autres?” Notre Poids Lourd National apportait une réponse instructive dans son autobiographie publiée en 1998 : “Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant. Pour l’équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer”. Il confirmait une approche de la pratique sportive féminine aussi peu mesurée le 10 janvier dernier à l’Assemblée Nationale : “Je suis tout à fait d’accord avec vous sur la nécessité de faire une plus large place à la retransmission des compétitions féminines dans les médias. Cela vaut d’ailleurs aussi pour les épreuves paralympiques…”.
Alors tant pis pour l’équilibre des enfants, il faut que l’on aille toutes écouter ça…
Valérie Fourneyron
Politique Mode D’emploi Episode 3 : Le Maire par lesmodesdemplois
Actuellement la place du Sport dans un gouvernement reste très faible. Il est temps de renverser le schéma et de faire en sorte que le sport, qui est un outil de cohésion sociale, d’émancipation, de rassemblement, soit au cœur du pacte éducatif et de la santé publique.
Le sport c’est également un enjeu économique, un gisement d’emplois, un vecteur d’épanouissement et de rayonnement de la France. Il est nécessaire de restaurer aujourd’hui la légitimité du Ministère des Sports au sein d’un grand pôle éducatif.
Ces dernières années les moyens budgétaires destinés au sport ont été baissés : 0,15 % du budget de l’Etat, loin des 3 % promis en 2007. Egalement depuis la dernière présidentielle, on compte 3 000 postes d’enseignements d’EPS en moins.
Le Ministère des Sports n’est pas stable. En cinq ans, il y a eu cinq ministres, avec des changements de périmètres incessants. Aussi, 4 lois ont été votées, toutes relatives au sport business, soit la loi contestée des paris en ligne, la loi controversée sur les agents sportifs, une loi de circonstance sur les stades de l’euro 2016, et une loi à minima sur l’éthique sportive. Aucune loi programmatique au cours de ce quinquennat n’a pris en compte l’évolution des enjeux et des acteurs du sport.
Enfin le rapprochement prévu avec le domaine de la Santé n’a pas été une réussite.
Les inégalités d’accès à la pratique sportive persistent. Ce sont à la fois des inégalités sociales, de genre et physiques. 59 % des personnes appartenant au quart des ménages les moins aisés font du sport contre 82 % appartenant au quart des ménages les plus aisés. 41 % des femmes font du sport contre 56 % des hommes. Et seulement 1,2 % des personnes en situation de handicap pratiquent le sport.
On observe, aujourd’hui, de plus en plus de dérives du football professionnel : droits télévisuels, transfert des joueurs, salaires, etc. L’accès au football et au sport en général à la télévision est de plus en plus restreint, du fait de l’hégémonie croissante des chaînes payantes.
François Hollande s’est rendu à Créteil ce samedi 11 février pour visiter le Centre sportif Marie-Thérèse Eyquem. Il y a rencontré avec son équipe ,des sportifs et des entraîneurs de haut niveau et a assisté à des démonstrations sportives : judo, tennis, squash et parcours de motricité.
En fin de journée le candidat a tenu une réunion publique au Palais des Sports Robert Oubron. Stéphane Caristan, élu de Créteil et Ancien champion d’Europe du 60m haies, et Valérie Fourneyron, député maire de Rouen et responsable du pôle Sport pour François Hollande, seront présents.
Réhabiliter le sport
Le sport est au cœur du pacte éducatif que François Hollande propose : jeunesse, bien-être, santé. Le candidat souhaite ainsi restaurer la légitimité́ du ministère des sports, au sein d’un grand pôle éducatif, pour réaliser trois ambitions essentielles :
- Garantir à tous les jeunes la possibilité́ de pratiquer le sport dans une association ;
- Agir pour la santé et le « mieux vivre ensemble » en permettant à tous de pratiquer le sport tout au long de la vie ;
- Faire rayonner la France en soutenant l’excellence sportive.
Augmenter la solidarité́ entre sport professionnel et sport amateur
Augmentation de la taxe Buffet et des prélèvements sur les jeux et paris sportifs.
Des efforts sur les effectifs : une part des 60 000 postes dans l’éducation concernera les professeurs d’EPS, ainsi que la mobilisation d’un pourcentage des « emplois d’avenir » sur les 150 000 prévus. Un effort est souhaité sur le fonds emploi du CNDS.
Réorganisation du service public du sport
Le Ministère des Sports de plein exercice sera rattaché à un grand pôle éducatif, avec une nouvelle répartition des compétences et des missions entre l’Etat, le mouvement sportif et les collectivités locales, dans le cadre du service public du sport.
Le projet de François Hollande inclut également une conférence nationale du sport français impliquant tous les acteurs, et déclinée au niveau régional.
La réalisation d’un plan national des infrastructures sportives est plus que nécessaire, pour les personnes en situation de handicap
Le sport enjeu économique et social et vecteur de rayonnement de la France
L’organisation de grandes compétitions internationales et la présence de nos sportifs au plus haut niveau contribuent au rayonnement international de la France, il faut l’encourager.
Il faut accompagner les sportifs pendant et après leur carrière. Les dérives financières, avant tout celles du football, doivent néanmoins être régulées. C’est un secteur symbolique pour porter une politique volontariste en matière de régulation économique à l’échelle européenne, dans une période où Michel Platini ne cesse de réclamer du soutien pour la mise en place de son Fair-Play financier.
Le bilan du quinquennat Sarkozy en matière de logement est une nouvelle fois dur à porter. En 2012, 3 millions de personnes sont mal logées en France, et la construction de logements sociaux est très faible. Pour ne rien arranger, les prix de ventes et de locations ont augmenté de 140% depuis 2002. Mais c’est aussi l’échec du « tous propriétaire » qui a conduit les ménages les plus modestes à un surendettement sur plus de 40 ans, parfois avant de les exclure de la propriété en supprimant le PTZ+. Enfin, c’est une politique injuste où les défiscalisations, qui ont coûté 1 milliard d’euro à l’Etat, n’ont pas permis un recentrage des investissements vers les zones les plus tendues.
Pour maquiller son triple échec, le Président-candidat énonçait lors de sa dernière interview télévisée sa volonté d’augmenter de 30% le coefficient d’occupation des sols, c’est-à-dire 30% de constructibilité supplémentaire. Preuve que Monsieur Sarkozy méconnait le problème, cette mesure accentuera la hausse des prix sur les terrains, ce qui rendra la construction encore plus difficile. Elle permettra également aux propriétaires de terrains ou aux propriétaires immobiliers d’augmenter la taille de leur bien, mais elle ne donnera pas de toit à une famille mal logée. Une mesure inutile et démagogique puisque la majoration de constructibilité est déjà possible dans le cadre des Plans Locaux d’Urbanisme, adoptés par les collectivités en concertation avec les citoyens et les experts. La généralisation de cette majoration sans concertation et sans gestion adaptée par les collectivités locales n’a pas de sens.
En signant le « contrat social » contre le mal logement, François Hollande clarifie sa volonté en la matière : il souhaite rétablir la justice, rendre le logement plus accessible, et augmenter considérablement son nombre. En effet, l’objectif de François Hollande est de créer 2.5 millions de logements (intermédiaires, sociaux, étudiants) d’ici à 2017. Pour cela, la part d’HLM obligatoire dans chaque commune sera portée de 20% à 25% et les maires qui ne respecteront pas cette règle seront plus sévèrement sanctionnés. Il relèvera également le plafond du livret A à 30 000 euros pour augmenter la capacité financière de la caisse des dépôts et consignations, organisme chargé de distribuer la collecte du livret aux organismes d’HLM. Enfin, des terrains appartenant à l’Etat seront gratuitement mis à disposition des collectivités territoriales. Pour favoriser l’accessibilité au logement, et corriger les erreurs du quinquennat Sarkozy, le prix des loyers dans les zones de spéculation immobilière seront enfin encadrés, une grande loi foncière en faveur du logement abordable sera soumise au vote et un dispositif de caution solidaire pour les jeunes sera mis en place.
Sous l’actuel gouvernement Fillon, David Douillet, Ministre des Sports depuis septembre dernier, n’aura eu qu’une occasion de s’exprimer à l’occasion d’une cérémonie de vœux. Il l’a fait ce 26 janvier à Paris. L’occasion de relever, une fois encore, les insuffisances, incohérences et contradictions qui sont la marque du ministère des Sports depuis cinq ans.
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Dans ce domaine, Monsieur le Ministre Douillet est cette fois allé loin : « Le monde du football perçoit des droits de télévision élevés. L’Etat n’aurait pas dû avoir besoin de financer la rénovation ou la construction des stades de l’Euro » a-t-il déclaré.
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Quelle majorité a pourtant voté la loi d’exception concernant le financement des stades de l’Euro 2016, avec dans ses rangs le député, futur Ministre, David Douillet ?
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Quelle majorité a accepté que les crédits du Centre National du Développement du Sport, par nature voués au financement du sport pour tous, soient engagés à hauteur de 168 millions d’euros pour ces mêmes stades de l’Euro 2016?
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Sur d’autres thèmes de son intervention, le Ministre des Sports s’est montré tout aussi « efficace » :
- Il a rêvé un budget des sports en hausse oubliant les variations de périmètres, les lourdes conséquences de la RGPP privant nos territoires d’un personnel Jeunesse et Sport compétent et engagé dont ils avaient tant besoin, et la saignée dans les postes d’enseignants d’EPS
- Il a vanté le rayonnement de la France à l’étranger en oubliant le désaveu, l’échec, l’humiliation de la candidature d’Annecy aux JO d’hiver 2018
- Il a rappelé son engagement sur l’éthique en se félicitant d’un budget maintenu pour l’Agence Française de Lutte contre le Dopage, alors qu’il est indispensable de le renforcer et de légiférer sur le profilage biologique, si la France ne veut pas régresser en terme de lutte contre le dopage
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Le Ministre David Douillet n’est pas seul responsable. Il est le cinquième titulaire du poste au ministère des Sports depuis cinq ans, à gérer environ 0,15% du budget de l’Etat, là où le candidat Sarkozy avait en 2007 promis 3% ! Mais David Douillet devrait s’abstenir de se prévaloir d’un si pauvre bilan, et au moins éviter les contradictions criantes avec les positions prises par sa majorité ces cinq dernières années.
La citation - François Hollande
“Le sport n’est pas un luxe, c’est une nécessité”
Lettre parlementaire N°4