
Le gouvernement nous présente le vote d’hier comme une grande victoire : “cette réforme, il fallait la faire, nous avons été courageux, nous avons tenu bon”. Mais le Président de la République, son gouvernement et sa majorité auront beau reprendre ce refrain sur les ondes et les écrans, rien ne pourra effacer aux yeux de l’opinion le caractère profondément injuste et périssable de ce texte.
J’ai déjà dit à plusieurs reprises combien le projet du gouvernement fait peser tout l’effort sur les épaules des salariés qui ont commencé à travailler jeunes et qui ont eu des métiers pénibles.
Je reviens sur l’aspect “court-termiste” et irresponsable de cette réforme, financée en partie par la dette et par le siphonage du Fonds de réserve des retraites. Il est particulièrement révélateur qu’un amendement sénatorial proposant une “clause de revoyure” en 2013 pour envisager une réforme structurelle du système ait été adopté! C’est un aveu, et pas des moindres : le projet du gouvernement n’est pas durable, il ne résout rien dans la durée.
Je termine sur le mépris avec lequel Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont traité la mobilisation sociale, à laquelle ils n’ont donné aucune suite consistante. Sur le mépris avec lequel ils ont traité le Parlement, privant de parole députés et sénateurs de l’opposition à deux reprises et de façon abusive. Sur le mépris avec lequel ils ont traité les Français, qui ne leur avaient pas donné de mandat en 2007 pour un projet de cette nature. Ce vote n’est pas une victoire, c’est un échec et un gâchis.
Après avoir braqué le pays en voulant lui imposer une réforme injuste, après l’avoir bloqué en refusant de reprendre les négociations, le Président méprise le Sénat et la démocratie en coupant court aux débats.
Avec Nicolas Sarkozy, c’est le coup de force permanent.
Après le débat amputé à l’Assemblée nationale, ce nouveau contournement du Parlement est scandaleux. Comment accepter que sur un sujet essentiel, qui engage le pacte social et républicain, on refuse aux élus de la nation le temps nécessaire au débat ? Cette décision déshonore et discrédite le gouvernement et le Président.
Face aux Français qui sont dans la rue pour manifester, le gouvernement brandit le respect du vote du Parlement. Mais quand le Parlement fait son travail, il n’a qu’une obsession : l’en empêcher !
Chacun comprend que ce qui gène le gouvernement, c’est le débat. Parce que plus on débat, et plus la vérité apparaît : le projet du gouvernement est profondément injuste et ne règle rien.
La nouvelle session parlementaire s’est ouverte hier sur le débat sur les retraites, au moment même où plus de 2 millions de Français manifestaient dans les rues contre la réforme portée par Eric Woerth.
Je tiens d’abord à saluer cette mobilisation importante (n’en déplaise au Ministère de l’Intérieur, qui a grossièrement minimisé les effectifs), soutenue par l’opinion publique. A Rouen, les manifestants étaient particulièrement nombreux, entre 40 et 60 000 (cf. photos ci-dessous). LIRE LA SUITE
“Si on ne le fait pas maintenant, quand le fera-t-on?”
C’est la question que Valérie Fourneyron a posée au gouvernement et à la majorité hier matin en commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale. La réforme des retraites reste en effet muette sur le sujet de la retraite des sportifs de haut niveau, qui a pourtant fait l’objet d’engagements répétés de la part des gouvernements successifs, de 2002 à 2010.
Dernière annonce en date, celle de Rama Yade qui a promis il y a quelques mois de “renforcer la protection sociale des sportifs de haut niveau en leur permettant notamment de valider quatre trimestres de droits à la retraite par an au titre du régime général de la sécurité sociale”. LIRE LA SUITE
Les députés du groupe Socialiste, Radical, Citoyen et divers gauche se félicitent de l’adoption par la commission des finances d’un amendement permettant aux femmes ayant eu au moins deux enfants de pouvoir continuer à partir à 65 ans à la retraite sans subir de décote.
Grâce aux voix des députés SRC et avec le soutien de quelques membres de la majorité, cet amendement de Chantal Brunel a été adopté contre l’avis du rapporteur et du gouvernement.
Ce vote démontre les hésitations voire les remords qui taraudent la majorité, elle-même confrontée à une réforme très injuste qui pénalise notamment les carrières hachées.
Ce vote est un premier pas, les socialistes continuent de défendre le maintien de la retraite à taux plein à 65 ans pour tous.
La citation - François Hollande
“Le sport n’est pas un luxe, c’est une nécessité”
Lettre parlementaire N°4